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Mes stress de voyage se résument finalement en deux catégories:

1- Arriver en retard
2- Ne pas savoir comment me comporter

Je ne sais pas, d’ailleurs, pourquoi je dis « mes stress de voyage ». Les stress de ma vie!

Bizarrement, la deuxième occurence fait moins de ravages avec les années. À force de vivre une vie qui exige d’être sans cesse dans de nouveaux contextes, avec de nouvelles personnes, dans des lieux dont je ne sais rien, j’ai appris à faire confiance en ma capacité d’observation. Et d’adaptation.

Pour la Jordanie, je m’appuie sans doute sur le fait d’y être avec quelqu’un qui connaît mieux que moi le pays. Mais aussi sur une fausse impression de déjà-vu. Dans ce monde d’images, il me semble toujours être saturée avant même de découvrir. Imaginer que Petra n’est pas que cette même façade qu’on nous montre partout…

La saturation des images me fait aussi craindre un passage en Israël marqué par une sécurité omniprésente. Finalement, que ce soit positif ou négatif, toute la magie du voyage se produit lorsque nous déplaçons l’image fixe, le préjugé devenu quelque chose comme un présouvenir. Vivement le stress s’il permet à la perception de se décrasser de ces images trop profondément gravées, qui simplifient notre idée du monde.

Pour ce qui est du stress d’être en retard. Rien à faire. Jusqu’à ce que ma valise disparaisse sur le tapis roulant reste la sourde crainte d’un bête empêchement qui me ferait passer tout droit. J’ai regardé au moins 12 fois en chemin si j’avais bien la pochette verte qui contient mon passeport, espèce de compulsion qui concentre ma crainte de l’acte manqué.

Tout ce billet en témoigne: la fébrilité est finalement au poste. Comme moi, assise à la porte 56, elle est prête pour le long vol. Derrière moi, une femme fait sa prière. Je me rappelle soudain cet étrange traversée de la Méditerranée entre Marseille et Tunis en 2001. Comme ce fut le cas à Tunis (et bien ailleurs encore), je sais bien que d’ici quelques jours j’aurai le sentiment de pouvoir m’installer à Amman.

C’est l’épuisement des gens sans racines, ils sont partout un peu chez eux, partout un peu déjà ailleurs.

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