Petite virée sur la côte

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Il y a quelques jours, en traversant la frontière israélo-jordanienne, nous avons dû changer de GPS. Pas de carte d’Israël sur le GPS du Moyen-Orient, elles se trouvent sur un GPS européen. Si au plan géographique l’idée semble saugrenue et au plan sociopolitique sans doute inquiétante, au plan culturel, elle ne fait pas vraiment de doute.

En arrivant à Ceasarea après environ une heure et demie de route de Jérusalem, c’est un gentlemen en bermuda et chapeau de plage qui dans un anglais parfait (peut-être même maternel) nous a le premier indiqué le chemin vers le site archéologique. Avant même de voir la mer, entre les « gated communities » de gens fortunés, les promenades sous palmiers et les pistes cyclables bien entretenues, nous étions clairement « en Méditerranée » (comme on le dirait en France avec l’accent de la villégiature).

Nous nous sommes d’abord arrêtés au site de l’aqueduc romain dont mon guide disait le plus grand bien, sans dire pourtant qu’il s’agit d’une plage publique. Plage qui permet là aussi de constater que nous sommes bien loin des lieux de dévotion – tout le monde couverts! – visités la veille.

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L’aqueduc est impressionnant, mais m’a moins fait d’effet que la mer magnifique à cet endroit. À mon compagnon de voyage qui me demandait si on se blase des ruines, je disais que sans être blasée, on compare nécessairement. C’est sûr qu’après avoir vu le pont du Gard, les autres aqueducs semblent modestes!

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Nous nous sommes ensuite dirigés vers le Parc national de Caesarea, un site archéologique où se côtoie des fortifications médiévales (avec les cavités très claires d’une douve entourant le site) et – surtout – les ruines d’une ville inaugurée par Hérode 1er le Grand en 10 avant JC. Le site est magnifique et bien entretenue. J’ai été particulièrement impressionnée par l’hypodrome.

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L’ensemble du site permet aussi d’admirer les restes d’un théâtre, une piscine de mer qui servait sans doute de marché aux poissons, une pierre gravée mentionnant Ponce Pilate et quelques très belles mosaïques.

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Le site est vaste (ce qui fait que notre vis-à-vis touriste ne nous insupporte pas trop), longe magnifiquement la côte où la mer est verte et puissante. On peut prendre tout son temps pour y déambuler (et attraper un beau coup de soleil design quand, comme moi, on met de la crème solaire avec la même minutie qu’on prendrait pour peindre en blanc le fond étroit d’un placard de rangement…).

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Finalement, nous avons repris la route pour longer la côte vers le sud, arrêtant à Tel Aviv dont nous n’aurons finalement vu que le vieux port de Jaffa. Notre premier arrêt: un café d’une ruelle de Jaffa. Ça m’a fait penser à l’atmosphère du Mile-End. Ça jasait québéco-franco-anglais à ma gauche et à ma droite, deux énormes cool vikings arboraient des bermudas de couleurs et des gougounes de plage. Je dis vikings mais ils auraient bien pu être Polonais, je n’ai pas été plus attentive que ça. En tout cas, c’était jeune, décontracté, cosmopolite.

En rejoignant la côte, nous avons d’abord croisé la plage qui s’étend à perte de vue offrant comme horizon le centre de Tel Aviv.

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Et nous avons ensuite rejoint le vieux Jaffa qui lui rappelle davantage le Vieux Québec (ben oui, avec quelques années de plus!) dans son dédale de places, petites boutiques et galeries d’art.

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C’est au détour d’un de ces chemins de pierre que nous sommes tombés sur la boutique de Julien Roux (cliquez ici pour visiter son site), un dessinateur français dont j’ai beaucoup aimé le travail. Nous avons jasé un peu. Il me racontait parfois aimer la vie à Tel Aviv, parfois moins. Avec cette chaleur et les conflits des deniers temps. « On dirait pourtant qu’on ne sent pas la tension jusqu’ici? » ai-je demandé.

Non, en effet. Comme je l’avais supposé tout au long de la journée, on peut tout à fait vivre son quotidien comme si rien de grave ne se tramait à quelques kilomètres de là. Et c’est exactement cette distance qui n’en est pas une qui peut devenir lourde, un paradoxe comme une écharde dans la conscience.

Nous avons repris la route en fin d’après-midi pour éviter de devoir entrer à Jérusalem en pleine nuit. Derrière nous, les vagues vertes de la mer où nous aurons à peine trempé un orteil et les dessins érotiques de Julien Roux qui m’aurons fait sentir bien loin du Saint-Sépulcre que je retrouve dès demain.

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